Chirurgie de l'instabilité de l'épaule : Bankart ou Latarjet ?

28 sept. 2026

Bankart et Latarjet sont deux stratégies de stabilisation utilisées dans certaines instabilités antérieures de l’épaule. La première vise surtout à réparer les tissus qui retiennent l’articulation ; la seconde apporte une butée osseuse et un effet de stabilisation complémentaire. Le choix dépend des lésions, notamment osseuses, du risque de récidive et des activités. Il ne peut pas être décidé à partir du seul nombre de luxations ou d’une préférence pour une technique.

Pour quelles instabilités cette comparaison est-elle utile ?

Cette page concerne principalement une épaule qui se déboîte vers l’avant, avec luxations, subluxations ou appréhension. Le bourrelet glénoïdien, appelé labrum, est un anneau de tissu autour de la cavité de l’omoplate. Une luxation peut l’endommager, ainsi que la capsule et parfois les surfaces osseuses.

La page sur l’instabilité de l’épaule présente les symptômes et le bilan général. Une instabilité postérieure ou multidirectionnelle ne suit pas automatiquement la même logique que l’instabilité antérieure. Il faut confirmer la direction et le mécanisme avant de parler de Bankart ou de Latarjet.

L’AAOS rappelle que les tissus mous et les lésions osseuses participent au bilan d’une instabilité chronique. La sensation d’une épaule « lâche » n’est donc pas une indication opératoire suffisante.

Quand une stabilisation chirurgicale peut-elle se discuter ?

Une intervention peut être envisagée lorsque les épisodes se répètent, lorsque l’appréhension empêche les activités malgré une prise en charge adaptée, ou lorsque les lésions et les contraintes du patient rendent le risque de récidive préoccupant.

Avant la décision, la rééducation peut améliorer le contrôle musculaire et la stabilité fonctionnelle. Une adaptation des gestes exposant au déboîtement peut aussi être utile. Dans certaines situations traumatiques ou sportives à risque, la discussion chirurgicale intervient plus tôt ; elle reste individualisée.

Le projet doit être explicite : stabiliser le bras pour le quotidien, reprendre un sport de contact ou retrouver un geste de lancer n’impliquent pas les mêmes exigences. L’opération peut améliorer la stabilité sans garantir le retour au même niveau sportif ni l’absence de toute gêne.

Quel bilan pour choisir ?

Le chirurgien s’intéresse au premier accident, aux récidives, aux positions d’appréhension, à une précédente opération et au sport pratiqué. L’examen évalue la mobilité, la stabilité et une éventuelle hyperlaxité.

Les radiographies et les examens complémentaires sont choisis selon les questions à résoudre. L’IRM ou une imagerie avec injection de contraste peut préciser les tissus mous ; un scanner peut aider à quantifier certaines pertes osseuses. Il faut examiner la glène, cavité de l’omoplate, mais aussi une éventuelle encoche de la tête humérale.

L’interaction entre ces lésions compte : une perte osseuse relativement limitée ne se juge pas isolément de l’encoche, de la qualité des tissus et du risque sportif. Les seuils techniques ne sont pas des règles que le patient doit appliquer seul à un compte rendu.

Bankart : réparer les tissus de stabilisation

La réparation de Bankart consiste à refixer le bourrelet et à restaurer la tension capsulaire lorsque cela est indiqué. Elle est souvent réalisée sous arthroscopie, avec des points fixés par des ancrages à l’os.

Cette stratégie peut convenir lorsque le bilan permet d’espérer une stabilité suffisante grâce à la réparation des tissus. Dans certaines configurations, un geste complémentaire peut être associé pour traiter une encoche humérale ; la comparaison n’oppose donc pas toujours un Bankart isolé à une butée.

Les limites possibles comprennent une récidive, une raideur ou une douleur persistante. Une réparation bien cicatrisée doit ensuite être accompagnée d’une récupération fonctionnelle adaptée.

Latarjet : apporter une butée et un effet de stabilisation

La procédure de Latarjet déplace un fragment de la coracoïde, un relief osseux de l’omoplate, vers le bord antérieur de la glène. Le fragment est fixé pour former une butée, avec un effet complémentaire lié aux tissus attachés.

Elle peut être proposée notamment lorsque les lésions osseuses ou le profil de risque rendent une réparation des tissus seuls moins appropriée. Elle n’est pas une version systématiquement « meilleure » de Bankart : le bénéfice recherché et les contraintes sont différents.

Le Gateshead Health NHS présente les principes des stabilisations Bankart et Latarjet. La butée introduit des risques spécifiques liés à sa position, sa consolidation et au matériel de fixation, en plus des risques généraux d’une intervention.

Comment comparer les options en consultation ?

Point de discussion Bankart Latarjet
Principe dominant Réparation des tissus Butée osseuse et stabilisation
Bilan indispensable Tissus et lésions osseuses Lésions osseuses et anatomie
Vigilance particulière Récidive selon le risque Consolidation et position de la butée
Suite commune Protection et rééducation Protection et rééducation

Ce tableau ne suffit pas à choisir. Demandez pourquoi la technique proposée répond à vos lésions, quelles alternatives restent possibles et ce qui pourrait modifier la décision. Le type d’abord, arthroscopique ou ouvert, est une modalité technique ; il ne remplace pas la discussion de l’indication.

Récupération, risques et retour au sport

Après stabilisation, la protection de l’épaule et les mouvements autorisés suivent les consignes du chirurgien. La rééducation reconstruit ensuite mobilité, force et contrôle. La durée de l’écharpe et les restrictions de rotation ou de charge dépendent du geste ; elles ne se déduisent pas d’un calendrier général.

Les risques à discuter comprennent notamment infection, raideur, atteinte nerveuse, douleur persistante et récidive. Pour une butée, des problèmes de consolidation ou de matériel peuvent aussi survenir. Les conséquences et les moyens de surveillance sont expliqués avant l’intervention.

Le retour à une activité quotidienne et le retour à un contact sportif sont deux étapes distinctes. La page reprise du sport après chirurgie de l’épaule précise cette progression ; les gestes courants et les premiers jours sont abordés dans la récupération après opération.

Quand consulter et que préparer ?

Demandez un avis en cas de luxations répétées, d’appréhension persistante ou de gêne limitant le travail et le sport. Une épaule actuellement déboîtée demande une prise en charge urgente : ne tentez pas de la remettre en place seul.

Apportez les images, les comptes rendus des accidents et les documents d’une éventuelle première chirurgie. Notez les gestes évités et votre objectif sportif. Les lieux de consultation indiquent comment organiser le rendez-vous avec le Dr Barla-Journé.

Questions fréquentes

Latarjet est-il obligatoire après plusieurs luxations ?

Non. Les récidives comptent, mais le choix dépend aussi des lésions osseuses, des tissus, de l’hyperlaxité et des activités. Le bilan permet de comparer les options.

Bankart permet-il de reprendre un sport de contact ?

Cela peut être possible selon le patient et son risque, mais ce projet doit être intégré au choix de la technique et à la rééducation. Le nom de l’opération ne suffit pas à autoriser la reprise.

Peut-on se reluxer après une stabilisation ?

Oui, une récidive reste possible. Le risque varie selon les lésions, la technique, la cicatrisation et les activités ; aucun geste ne garantit une stabilité définitive.

Faut-il choisir l’opération qui laisse la plus petite cicatrice ?

La priorité est une stratégie adaptée à l’instabilité. La voie d’abord et la cicatrice sont discutées ensuite, avec les avantages, limites et risques de chaque option.